Le Nom dans le judéo-christianisme antique (1/7)
Parallèlement à cette problématique, et dans un contexte en liaison plus direct avec notre Régime Écossais Rectifié, je m’interrogeais sur les origines de la doctrine que Martines de Pasqually a léguée au fondateur de notre Régime.
Que d’interrogations comme vous pouvez le constater…
La réponse à ma question sur la légitimité de l’usage de Ieshua dans notre société a été apportée par notre Frère Zacharie dans son travail présenté en mai 2005 et complété en février 2006 et qui sera repris dans la rubrique l’Esprit des choses de ce site. On sait désormais que Ieshua est la traduction araméenne du Iehoshua hébreu. On sait aussi que le nom du Seigneur est d’une importance inégalée et que c’est par lui que Dieu nous sauve.
La réponse à la question des origines de la doctrine martinésienne est plus complexe… Robert Amadou est l’auteur le plus fiable en termes de martinesisme et de saint-martinisme. Or il se trouve que Robert Amadou a écrit, dans son Introduction au « Traité sur la réintégration des êtres » (l’édition réalisée par R. Amadou pour les Éditions Rosicruciennes), que :
Martines est chrétien en même temps que juif, en deça de la division. (…) Martines est juif en même temps que chrétien, et ce trait essentiel le rattache à une forme de christianisme et de judaïsme très ancienne, primitive. (…) Le judéo-christianisme fut relégué par la Grande Église au IVe siècle. Il se métamorphose dans le manichéisme (au pays des Parthes…) et dans l’islam, cependant quelques groupes subsisteront et c ‘est de ce côté encore peu exploré qu’il faut peut-être chercher l’ascendance religieuse, théosophique et théurgique de Martines dans l’histoire.

Sur cette base, mon interrogation sur les origines de la doctrine de Martines, inspiratrice (si ce n’est plus) de la doctrine rectifiée willermozienne, trouvait un début de réponse : il fallait étudier ce phénomène connu sous l’appellation de « judéo-christianisme » et éventuellement ensuite chercher les prolongements de ce phénomène qui a pu survivre dans le martinésisme. L’étude que je mène actuellement ne débouchera peut-être jamais sur rien de concret car le fond documentaire à étudier est immense, mais dans le cours de mes recherches, je suis tombé sur un élément qui faisait le lien avec mon interrogation de départ au sujet de l’usage du terme Iéshoua dans notre Société des Indépendants !…
En effet, l’étude du judéo-christianisme étant une étude de l’histoire de ce mouvement de sa doctrine, je me suis vite rendu compte que les différents essais de synthèse de la théologie judéo-chrétienne signalaient un élément important de cette théologie : l’usage du Nom comme synonyme du Fils, du Verbe, de Jésus-Christ. Je n’ai donc pas pu m’empêcher de faire le parallèle entre cet usage du Nom par les judéo-chrétiens et l’usage qu’en fait la Société des Indépendants à la suite de Louis-Claude de Saint-Martin son inspirateur.
Attention, je ne cherche pas à faire passer notre société pour une résurgence du courant judéo-chrétien comme d’autres ont voulu faire croire que la maçonnerie rectifiée était une résurgence d’un ordre de chevalerie médiévale légalement éteint depuis plusieurs siècles. Je ne cherche pas non plus à rapprocher nos usages de ceux de courants plus ou moins hérétiques qui se sont peu à peu éloignés de l’Eglise (certains diront que parfois c’est cette dernière qui s’est éloignée d’eux). J’essaie simplement de resituer Saint-Martin et à travers lui son "premier maître", Martines de Pasqually, dans leur contexte culturel et cultuel…
[A suivre]
Ignatios
