Le Nom dans le judéo-christianisme antique (2/7)
Nous allons dans un premier temps rappeler l’usage du Nom dans l’Ancien Testament, puis dans un deuxième temps nous survolerons son usage dans le Nouveau Testament. Après les Écritures Saintes, nous analyserons les écrits chrétiens primitifs (premier et deuxième siècles) dont certains peuvent être qualifiés sans l’ombre d’un doute de judéo-chrétiens et dont d’autres sont au moins inspirés par le judéo-christianisme encore vivant durant les deux premiers siècles.
Un éventuel deuxième texte devrait un jour se baser sur l’ouvrage fondamental du Métropolite Hilarion Alfeyev sur le Saint Nom (Desclées, 2007) pour donner une lecture plus strictement chrétienne de l’usage du Nom de Jésus.
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Plusieurs expressions ont été utilisées dans les premiers siècles pour désigner Jésus-Christ. Parmi celles-ci certaines sont typiques de la théologie néo-testamentaire et d’autres sont typiques du judéo-christianisme. Dans cette deuxième série, « le Nom » est l’expression la plus fréquemment utilisée.
La Nom de Dieu est l’un des thèmes fondamentaux de la théologie judéo-chrétienne. L’origine de cette christologie est bien évidemment dans l’Ancien Testament où Iahweh désigne Dieu en tant qu’il se manifeste, en tant qu’il habite dans le Temple. Le terme précis utilisé est Shem.
Il est intéressant de noter que dans la judaïsme tardif, Shem est en relation avec le caractère sacré donné au Tétragramme. Il constitue ce qui est ineffable en Dieu. C’est l’équivalent de la notion grecque d’oussia divine (essence divine).
Dans Hénoch I, le Nom est le signe de la puissance de Dieu. Chez Philon, onoma théo (le Nom de Dieu) est l’un des noms du Logos. Mais plus tardivement nous retrouvons dans l’apocalyptique juive une nouveauté intéressante : le Nom prend le caractère d’une véritable hypostase (Hénoch III et Apocalyspe d’Abraham). Chez les Esséniens, on retrouve le caractère de puissance du Nom comme dans Hénoch I.
Cependant, on ne retrouve bien évidemment pas dans la gnose juive les raisons de la liaison entre le Nom et le Christ telle qu’elle s’exprimera dans le judéo-christianisme …
Cette christologie judéo-chrétienne se base sur les développements qui lui sont antérieurs et qu’on a cité plus haut, mais elle passe à un stade nouveau où le Nom devient une personne distincte du Père.
Ignatios
